Romancier français du XIXe siècle, Gustave Flaubert travaillait longuement chacune de ses phrases, à la recherche du style parfait. Son roman Madame Bovary (1857), étudié sur le site, raconte l'histoire d'Emma, une jeune femme qui s'ennuie et rêve d'une autre vie ; il lui a valu un procès. Il a aussi écrit L'Éducation sentimentale (1869).
Écrivain français du XIXe siècle, Émile Zola est le chef du naturalisme. Dans les vingt romans des Rougon-Macquart, il raconte l'histoire d'une famille sous le Second Empire, comme L'Assommoir (1877) et Germinal (1885), étudiés sur le site. En 1898, il a pris la défense du capitaine Dreyfus dans un article célèbre, « J'accuse… ! ».
Écrivain français du XIXe siècle, élève et ami de Flaubert, Maupassant est l'un des maîtres de la nouvelle réaliste. Il en a écrit environ trois cents, qui peignent les paysans normands, les petits employés ou la guerre de 1870, comme Boule de suif (1880) et La Parure, étudiées sur le site. Il a aussi écrit des récits fantastiques, comme Le Horla, et le roman Bel-Ami (1885).
Ce chapitre court part d'un document de travail de décembre 2013, « Formes et fonctions de l'incipit de roman », conçu pour la classe de Première ES et L du Microlycée 93, à La Courneuve. Ce corpus n'était pas une séquence à lui seul : il figure, au descriptif du baccalauréat de 2014, parmi les documents complémentaires de la séquence 1, « Le personnage de roman du XVIIe siècle à nos jours », dont l'œuvre étudiée était L'Étranger d'Albert Camus. Avant d'expliquer la première page du roman de Camus, les élèves observaient comment deux romanciers du XIXe siècle, Flaubert et Zola, font entrer leur lecteur dans le récit.
On y joint d'autres incipits qu'Etienne Buraud a fait lire au lycée : l'ouverture de Pierre et Jean de Maupassant, avec une fiche d'explication détaillée (2000), puis, plus brièvement, ceux de La Bête humaine, de Bel-Ami et de quatre contes de Voltaire, étudiés dans d'autres chapitres du manuel. Le parcours s'achève sur l'incipit de L'Étranger, texte protégé, présenté par sa référence et son résumé.
Fiche enseignant
Intitulé
Formes et fonctions de l'incipit de roman (corpus complémentaire de la séquence 1)
Objet d'étude
« Le personnage de roman, du XVIIe siècle à nos jours » (programme de 2011)
Classe
Première ES et L, Microlycée 93, année 2013-2014 ; œuvre de la séquence : Albert Camus, L'Étranger (1942)
Notions
Incipit, horizon d'attente, identification du lecteur, narrateur, personnage
Fil rouge
Comment la première page fait-elle entrer le lecteur dans le roman ?
In medias res, scène de genre, présentation des personnages
3
Échos : d'autres seuils
Zola, La Bête humaine ; Maupassant, Bel-Ami ; Voltaire, quatre contes
Description, portrait, cadre narratif du conte
4
Lecture analytique : l'incipit de L'Étranger
Camus, L'Étranger, I, 1 (texte distribué en classe)
Narrateur, identification du lecteur
Les textes
Texte
Auteur et œuvre
Date
Texte 1
Gustave Flaubert, Madame Bovary, première partie, chapitre 1
1857
Texte 2
Émile Zola, Germinal, première partie, chapitre 1
1885
Texte 3
Guy de Maupassant, Pierre et Jean, chapitre I
1888
2Étape 1 · Corpus, texte 1
« Nous étions à l'Étude… »
Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857 : l'entrée du « nouveau »
Le corpus « Formes et fonctions de l'incipit de roman » s'ouvre sur la première page de Madame Bovary. La description de la casquette du « nouveau », qui suit immédiatement, est étudiée au chapitre « Le personnage de roman » ; on s'arrête ici à l'entrée du personnage.
Texte 1 · « Nous étions à l'Étude… »Gustave Flaubert1821 – 1880
Nous étions à l'Étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.
Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d'études :
– Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l'appelle son âge.
Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.
On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'études fut obligé de l'avertir, pour qu'il se mît avec nous dans les rangs.
[Le nouveau ne lance pas sa casquette sous le banc, comme le veut l'usage, et la garde sur ses genoux. Suit la description de cette coiffure « d'ordre composite ».]
Charles Léandre (aquarelle) et Eugène Decisy (eau-forte), « Nous étions à l'Étude… », première page de Madame Bovary, édition illustrée de 1931 ✱Le « nouveau », Charles Bovary, debout en classe, sa casquette à la main, sous les regards des élèves.Domaine public · Wikimedia CommonsCarte mentale de l'étapeincipitVoir dans le Lexique →
3Étape 1 · Corpus, texte 2
« Dans la plaine rase… »
Émile Zola, Germinal, 1885 : un homme seul sur la route
Second texte du corpus de 2013 : les deux premiers paragraphes de Germinal. Un homme encore sans nom marche seul, de nuit, sur la route de Marchiennes à Montsou.
Texte 2 · « Dans la plaine rase… »Émile Zola1840 – 1902
Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres.
L'homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.
Guy de Maupassant, Pierre et Jean, 1888, chapitre I : une scène d'exposition
À la fin du XIXe siècle, le naturalisme se propose, autour de Zola et principalement par le roman, d'observer et d'expliquer le monde réel. En 1888, Maupassant, alors âgé de trente-sept ans, publie son quatrième roman, Pierre et Jean, précédé d'une étude, « Le Roman ». Le livre raconte l'histoire d'une famille bourgeoise du Havre et critique la médiocrité d'une société gouvernée par l'argent et la peur du scandale ; il a aussi le charme des tableaux impressionnistes par ses descriptions du paysage normand. L'incipit se présente comme une scène de genre, une partie de pêche en famille dans l'estuaire, qui présente les principaux personnages.
Texte 3 · « Zut ! » s'écria tout à coup le père RolandGuy de Maupassant1850 – 1893
« Zut ! » s'écria tout à coup le père Roland qui depuis un quart d'heure demeurait immobile, les yeux fixés sur l'eau, et soulevant par moments, d'un mouvement très léger, sa ligne descendue au fond de la mer.
Mme Roland, assoupie à l'arrière du bateau, à côté de Mme Rosémilly invitée à cette partie de pêche, se réveilla, et tournant la tête vers son mari :
« Ça ne mord plus du tout. Depuis midi je n'ai rien pris. On ne devrait jamais pêcher qu'entre hommes ; les femmes vous font embarquer toujours trop tard. »
[Les deux fils taquinent leur père ; Mme Roland contemple l'horizon de falaises ; le père Roland hume avec délices le panier où agonisent les poissons.]
« Combien en as-tu pris, toi, docteur ? » Son fils aîné, Pierre, un homme de trente ans à favoris noirs coupés comme ceux des magistrats, moustaches et menton rasés, répondit :
« Oh ! pas grand-chose, trois ou quatre. » Le père se tourna vers le cadet :
« Et toi, Jean ? » Jean, un grand garçon blond, très barbu, beaucoup plus jeune que son frère, sourit et murmura :
« À peu près comme Pierre, quatre ou cinq. » Ils faisaient, chaque fois, le même mensonge qui ravissait le père Roland.
Guy de Maupassant, Pierre et Jean (1888), chapitre I, incipit · Lire l'œuvre
Claude Monet, Le Havre, bateaux de pêche sortant du port, huile sur toile, 1874 ✱Des barques en mer devant Le Havre : la famille Roland pêche au large, sur la Perle.Domaine public · Wikimedia Commons
I. Une scène de genre statique et théâtrale
Un tableau de pêche. Le vocabulaire mêle la mer, la pêche et le poisson (bâbord, tribord, tolet, aviron, ligne, écailles, nageoires, manne) : souci pictural du détail abondant. La mer elle-même est à peine décrite ; tout se concentre sur la pêche.
Des dialogues nombreux et banals (la pêche, les femmes) : une scène de la vie courante.
Des indications spatiales précises (« sur l'eau », « à l'arrière du bateau », « à côté de Mme Rosémilly ») qui fonctionnent comme des indications scéniques : pas de plan large, une vision « embarquée ».
Les cinq personnages principaux apparaissent dès les premières lignes, avec leurs relations : d'abord le père, personnage principal de la scène, puis sa femme et l'invitée, enfin les deux fils, personnages éponymes.
Peu de mouvements, presque tous liés à la pêche, et des participes présents : le tableau est statique, comme le bateau à l'ancre.
Le regard (« les yeux fixés sur », « regardait », « un coup d'œil ») reste enfermé dans le bateau, sauf une fois : « le large horizon de falaises et de mer » regardé par Mme Roland, seule ouverture du champ, signe peut-être d'un besoin d'évasion hors du confinement familial.
II. Les personnages en présence
M. Roland. Langage peu raffiné (« Zut », « Cristi ») et désignations familières (« le père Roland », « le bonhomme ») : un personnage trivial, maladroit, qui n'inspire ni sympathie ni respect ; son excuse à l'invitée est une gaffe. « Le vieux pêcheur » est un monomane de la pêche, et l'ironie perce : la description des poissons se veut poétique, impressionniste (« le flot d'argent des bêtes »), mais ses termes restent prosaïques, et l'oxymore « saine puanteur » trahit le regard de l'ancien citadin devant la nature.
Mme Roland. Assoupie, puis attendrie devant un paysage de carte postale : une bourgeoise ordinaire, sentimentale, peut-être nostalgique d'autres horizons. Sa remarque sur la « belle pêche » révèle pourtant un rapport pragmatique au réel. Elle « murmura » : sa discrétion s'oppose au truculent M. Roland ; le couple est mal assorti.
Mme Rosémilly. Seule indication : elle est « invitée ». Quand Jean prend sa défense, elle apparaît comme un enjeu, un intermédiaire possible dans la famille.
Pierre et Jean. Présentés par le possessif (« ses deux fils »), ils rient ensemble et mentent ensemble : une complicité face au père. Mais les deux portraits, construits en parallèle par les questions de M. Roland, opposent tout.
Pierre, l'aîné
Jean, le cadet
Âge
« un homme de trente ans »
« un grand garçon […] beaucoup plus jeune que son frère »
Visage
« favoris noirs coupés comme ceux des magistrats, moustaches et menton rasés »
« blond, très barbu »
Parole
« répondit »
« sourit et murmura »
Pêche avouée
« trois ou quatre »
« quatre ou cinq »
La présentation se veut égalitaire et traduit pourtant une dualité irréductible : Pierre paraît plus mûr, plus affirmé ; Jean, plus « mou », reprend le verbe « murmurer » qui le rapproche de sa mère, ce que le roman vérifiera. Le mensonge rituel des deux frères, mascarade familiale plutôt innocente, souligne le ridicule du père et prépare sa « disparition » devant la figure de Maréchal, le vrai père de Jean.
D'après une fiche d'explication de 2000 conservée dans le dossier « Pierre et Jean, le roman naturaliste » ; elle renvoie à une méthode d'oral publiée en ligne et semble en partie reprise d'un site pédagogique. Ses analyses sont reformulées ici.
Étape 3 · Échos : d'autres seuils de roman et de conte
D'autres premières pages ont été étudiées dans les classes d'Etienne Buraud. Elles sont reproduites et expliquées dans d'autres chapitres du manuel ; on en rappelle ici l'essentiel, pour élargir le corpus.
Une description : Zola, La Bête humaine (1890)
Dans la séquence de Seconde sur le naturalisme (2003), l'incipit de La Bête humaine porte un sous-titre : « Description naturaliste, technique impressionniste ». Roubaud, sous-chef de gare au Havre, de passage à Paris, s'accoude à la fenêtre d'une chambre de l'impasse d'Amsterdam et contemple la gare Saint-Lazare, un après-midi gris de février, jusqu'à ce qu'« un grand signal rouge » tache « le jour pâle ». Le texte est rapproché de La Gare Saint-Lazare de Claude Monet (1877, musée d'Orsay). Voir le chapitre de Seconde « Réalisme et naturalisme ».
Un portrait : Maupassant, Bel-Ami (1885)
« Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant. » Le commentaire de cet incipit, rédigé en commun en 2003, en dégageait le portrait satirique d'un ancien hussard, un cadre spatio-temporel précis (la rue Notre-Dame-de-Lorette, « le 28 juin »), l'omniprésence de l'argent et un regard d'« épervier » qui annonce l'ascension du personnage par les femmes. Voir le même chapitre de Seconde.
Le cadre narratif du conte philosophique voltairien
Un autre document rassemble les ouvertures de quatre contes de Voltaire, étudiés en Seconde (Le Monde comme il va) et en 3e (Candide). Leurs premiers mots suffisent à poser un cadre lointain et un héros :
Conte
Date
Premiers mots
Zadig ou la Destinée
1747
« Du temps du roi Moabdar, il y avait à Babylone un jeune homme nommé Zadig, né avec un beau naturel fortifié par l'éducation. »
Le Monde comme il va
1748
« Parmi les génies qui président aux empires du monde, Ituriel tient un des premiers rangs, et il a le département de la haute Asie. »
Micromégas
1752
« Dans une de ces planètes qui tournent autour de l'étoile nommée Sirius, il y avait un jeune homme de beaucoup d'esprit […]. »
Candide
1759
« Il y avait en Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder-ten-tronckh, un jeune garçon à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces. »
Albert Camus, L'Étranger, 1942, première partie, chapitre 1
Le corpus préparait la deuxième lecture analytique de la séquence de 2013-2014 : l'incipit de L'Étranger, « de “Aujourd'hui, maman est morte…” à “…s'ennuyer avec vous.” » (première partie, chapitre 1). Camus étant mort en 1960, le texte, protégé, n'est pas reproduit ici : il est distribué en classe.
Sources : Google Drive d'Etienne Buraud. « Formes et fonctions de l'incipit de roman » (décembre 2013 : Madame Bovary, Germinal) ; descriptif de la 1re ES et L du Microlycée 93 (2013-2014) ; fiche « PJ, texte 1, ch. I, incipit » (2000, d'origine probablement extérieure, reformulée) ; incipits de La Bête humaine et de Bel-Ami et commentaire collectif (2003) ; « incipits des contes philosophiques » (2017-2019) ; « l'Étranger, incipit » (2009, non reproduit). Ajouts signalés par la pastille : questions, comparaisons, « À retenir ». Ni évaluation ni corrigé propres à ce corpus dans le dossier.
Mode révision : les définitions sont cachées. Dis-les à voix haute, puis touche une fiche ou une branche pour vérifier.
Les cartes mentales ✱
Une carte par mot important : au centre le mot, autour ses synonymes, ses contraires, sa famille, son origine, ses expressions et les œuvres où il compte. Lis-la, cache-la, puis redessine-la de mémoire.
débutouvertureentrée en matièrecommencementattaque
Antonymes
explicitchutefin
Champ lexical
débuttitrepréfaceseuilannoncelecteur
Étymologie
incipere latin : commencer
incipit latin : « (il) commence », premier mot des manuscrits médiévaux
Expressions
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure » : incipit de Du côté de chez Swann
un incipit in medias res : qui commence au milieu de l'action
le pacte de lecture : ce que l'incipit promet au lecteur
Références culturelles
Victor Hugo, « Nox », Châtiments, 1853Le poème liminaire de Châtiments plante d'emblée le décor : le coup d'État de 1851.
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, 1913« Longtemps, je me suis couché de bonne heure » : l'un des incipits les plus célèbres.
Albert Camus, L'Étranger, 1942« Aujourd'hui, maman est morte » : un incipit sobre qui annonce le ton du roman.
6IAPour aller plus loin
Activités avec l'IA ✱
Ces activités sont différentes des exercices du cours : elles se font avec un assistant d'intelligence artificielle, en classe ou à la maison. Elles ont été rédigées pour le site avec l'aide d'une IA (signe ✱).
Trois règles avant de commencer
L'IA ne fait pas le travail à ta place : tu écris d'abord, elle t'aide à vérifier ou à aller plus loin.
Ne donne jamais ton nom, ton établissement ni rien de personnel.
L'IA se trompe souvent : elle invente des citations, des dates, des faits. Vérifie toujours dans ton manuel.
1
Fais deviner la suite
En classe25 min
Objectif. Comprendre la fonction d'un incipit : informer et donner envie de lire (Flaubert, Zola, Maupassant).
Relis l'incipit de Germinal (« Dans la plaine rase… ») et les questions du manuel.
La classe note ce que le lecteur sait et ce qu'il ignore encore.
Le professeur demande à l'IA d'imaginer la suite à partir de cet incipit, sans lui dire de quel roman il s'agit.
Comparez ses hypothèses avec les vôtres : quels indices du texte a-t-elle bien ou mal utilisés ?
À écrire à l'IA
Voici le début d'un roman du XIXe siècle : [colle l'incipit sans le titre ni l'auteur]. Sans chercher à deviner le titre, dis ce que ce début nous apprend (lieu, moment, personnage, ton) et ce qu'il laisse dans l'ombre. Fais trois hypothèses sur la suite, chacune justifiée par un mot du texte.
Garde ton esprit critique. Si l'IA reconnaît le roman, elle risque de raconter l'histoire au lieu d'analyser le texte. Ne garde que les hypothèses justifiées par un mot de l'incipit.
2
Le « nous » de Madame Bovary
À la maison25 min
Objectif. Analyser le point de vue dans l'incipit de Madame Bovary et vérifier l'analyse de l'IA.
Relis « Nous étions à l'Étude… » et réponds seul : qui raconte ? quel effet produit le « nous » ?
Pose la même question à l'IA.
Compare : le « nous » disparaît-il ensuite dans le roman ? Vérifie dans ton édition.
Rédige ta réponse finale en cinq lignes.
À écrire à l'IA
Dans l'incipit de Madame Bovary de Flaubert (1857, « Nous étions à l'Étude… »), qui raconte ? Quel effet produit le pronom « nous » ? Que devient ce narrateur dans la suite du roman ? Justifie par des indices du texte.
Garde ton esprit critique. Vérifie l'affirmation de l'IA sur la suite du roman dans ton édition. Si elle avance un fait que tu ne peux pas vérifier, garde-le « à vérifier ».
3
Écrire un incipit in medias res
En classe ou à la maison35 min
Objectif. Écrire un incipit à la manière de Pierre et Jean (« Zut ! » s'écria le père Roland) et le faire analyser.
Relis la lecture de l'incipit de Pierre et Jean (ouverture in medias res, scène de genre).
Écris un incipit de quinze lignes qui commence au milieu d'une conversation.
Demande à l'IA d'en relever les fonctions (informer, intriguer, poser le ton).
Si une fonction manque, corrige ton texte toi-même.
À écrire à l'IA
Voici l'incipit d'un roman que j'ai écrit, sur le modèle de Pierre et Jean de Maupassant (ouverture in medias res) : [colle ton texte]. Quelles fonctions de l'incipit remplit-il : informer (qui, où, quand), intriguer, poser un ton, annoncer un genre ? Lesquelles manquent ? Ne réécris pas mon texte.
Garde ton esprit critique. L'IA trouve souvent des qualités qui ne sont pas dans le texte. Pour chaque fonction qu'elle repère, retrouve la phrase exacte qui la remplit.
4
Quatre incipits en quiz
À la maison20 min
Objectif. Réviser le chapitre : Flaubert, Zola, Maupassant, Camus.
Relis l'« À retenir : formes et fonctions de l'incipit ».
Demande un quiz à l'IA.
Réponds sans regarder, puis corrige-toi avec le manuel.
Note toute question fausse ou mal posée.
À écrire à l'IA
Pose-moi dix questions, une à la fois, sur les incipits de Madame Bovary (Flaubert, 1857), Germinal (Zola, 1885), Pierre et Jean (Maupassant, 1888) et L'Étranger (Camus, 1942) : narrateur, point de vue, informations données, effet sur le lecteur. Corrige chaque réponse en expliquant. Ne recopie pas le texte de Camus.
Garde ton esprit critique. Vérifie les corrections de l'IA avec le manuel. Elle peut confondre narrateur interne et externe ou se tromper sur les dates.
✎Pour l'enseignant
Fiches d'activité d'une heure
1 fiche avec corrigé, prêtes à photocopier
20
Entrer dans le romanComparer deux incipits du XIXe siècle : les informations données au lecteur, les temps et la désignation du personnage, le point de vue et l'horizon d'attente…